L'Auvergne, une forte empreinte territoriale

L'Auvergne terre de volcans et d'élevage

Traversée par le dernier fleuve sauvage de France et célèbre par ses volcans éteints, la région Auvergne regroupe 4 départements: l'Allier, le Cantal, la Haute-Loire et le Puy-de-Dôme. Située au coeur du massif central, cette région peu peuplée a su préserver des paysages d’une qualité remarquable. L'Auvergne attire en moyenne 3.5 millions de touristes par an.

Mondialement connue pour ses volcans apparus il y a 60 millions d'années, l'Auvergne abrite pas moins de 80 volcans alignés du Nord au Sud sur une soixantaine de kilomètres, comme à la parade. Le Parc naturel régional des Volcans d'Auvergne est l'un des plus vastes et plus anciens d'Europe et recouvre un espace de 40 000 ha habité seulement par 90 000 habitants. Face à lui, plein est, le parc naturel régional Livradoix-Forez recèle de trésors tels que la magnifique Vallée de Chaudefour, classée réserve naturelle.
A 1465 m d'altitude, le puy de Dôme, point culminant de l'Auvergne, attire des millions de touristes venus admirer ce site classé par ailleurs Grand Site de France.

Cette région est aussi un pays d'eau, avec ses immenses lacs d'eau claire, ses rivières et fleuves sauvages, ses cascades et sources. En 2013 le lac d’Aydat et le plan d’eau de La Tour d’Auvergne ont obtenu le label « Pavillon bleu ».
Au centre dans le département de Haute-Loire, l’Auvergne abrite le dernier fleuve protégé d'Europe, faisant partie du programme de protection du WWF, « Loire nature », qui met tout en œuvre pour protéger ce site naturel d'exception. Rappelons que dans le Haut-Allier vit le saumon atlantique, dernière souche sauvage d’Europe occidentale capable de venir se reproduire à près de 1000 km de l’Océan.
Egalement berceau du thermalisme, la région est appréciée des visiteurs pour son offre thermale de qualité, avec Vichy et le Massif du Mont Doré, réputé pour ses sources aux vertus thérapeutiques.

L'Auvergne, outre une richesse naturelle d'une rare beauté, dispose d'un héritage historique fort en traditions, avec des femmes et des hommes qui ont su porter et préserver ces traditions ancestrales. Le patrimoine auvergnat est l'un des plus vastes d'Europe avec ses 280 édifices d'art roman, les multiples châteaux édifiés au Moyen-âge et ses villages pittoresques. Inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO, le Puy-en-Velay, avec la « via Podiensis », au départ de St Jacques de Compostelle, brille par son fort passé historique.

Portée par des produits de qualité, la gastronomie auvergnate n'a rien à envier à d'autres régions comme ces fleurons: la potée auvergnate, le petit salé aux lentilles du Puy ou encore l'aligot. Ce n'est d'ailleurs pas par hasard que la région compte treize chefs étoilés au Michelin. Terre d'élevage, l'Auvergne ne serait pas ce qu'elle est sans ses célèbres fromages AOC: le Bleu d'Auvergne, le Cantal, le St Nectaire, le Salers ou encore le Fourme d'Alembert. La filière des fromages d'AOP est par ailleurs un poids lourd dans l'économie régionale, avec pas moins de 90 000 tonnes de fromages produites par an.

L'écolobio en Auvergne…

L’Auvergne est un territoire vulnérable qui s’interroge sur son avenir. Avec seulement 7,6 millions d’euros du budget de la région consacré à l’environnement, l’Auvergne peine à développer une politique environnementale digne et ressemblante à son territoire naturel.
Relativement préservé grâce à des pratiques qui ont permis le maintien d’une grande qualité écologique et paysagère, le territoire connait une accélération des changements de gestion des espaces agro-pastoraux et forestiers qui fragilisent une partie de la biodiversité.
À l’échelle des rivières, si la qualité de l’eau est globalement bonne en raison des efforts accomplis, un certain nombre de « points noirs » subsistent encore et les problèmes de quantité risquent à l’avenir de devenir de plus en plus importants. Par ailleurs, les obstacles en rivières (plus de 800 seuils recensés) constituent un frein important à la vitalité et au développement de certaines espèces.

Contrairement à d'autres régions françaises, l'Auvergne n'accueille pas un tourisme de masse mais s'est attachée à promouvoir un tourisme de nature et culturel. Si cette région conserve encore une grande biodiversité, elle est désormais touchée par le phénomène d’altération d’espèces animales et végétales et son patrimoine bâti doit être urgemment restauré.

Avec 11 GR, six voies vertes (la pratique du vélo restant peu adaptée au relief), 14km de randonnée itinérante et ses 70 sites de baignade dont 50 aires naturelles, l'Auvergne est un paradis pour les randonneurs et amoureux de la nature. Les aficionados trouvent leur bonheur sur le chemin de Compostelle, le Stevenson et d’autres kilomètres de pistes balisées, dont la plus célèbre et non la moins ardue, la traversée de la chaîne des Puys où l'on peut découvrir 90 volcans en 5 jours. Longeant l’Allier la ligne des Cévennes offre une formidable opportunité de découverte de ce coin d’Auvergne par l’éco mobilité.

Au départ du Puy-en-Velay, ce sont chaque année quelques 35 000 touristes qui empruntent le chemin de St Jacques de Compostelle et pas moins de 14 000 qui se rendent à la messe du pèlerin. Alors que l'on pourrait se demander si cet afflux touristique ne dégrade pas le beau paysage auvergnat, il s'avère que ces randonneurs participent à l'économie locale, permettant de faire vivre les petits villages situés sur leur itinéraire.
Le tourisme représente 8% du PIB dans cette région qui peut en faire un atout, si elle promeut l’écotourisme et veille à préserver ses sites naturels, comme par exemple la chaîne des puys candidate pour être inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO en 2014.

En Auvergne, l'agriculture occupe près de 70% du territoire, dont l'élevage qui se taille une place centrale et en fait la plus vaste prairie de France. Mais elle reste dominée par une pratique conventionnelle fort peu respectueuse de l’environnement, marquée par une dégradation des sols accompagnée du retournement des prairies humides, une utilisation massive d’herbicides dans les cultures, une déprise agricole et une absence de protection réglementaire de la flore dans les parcelles habituellement cultivées.

Face à cette mécanisation forcenée de l'agriculture, certains acteurs s’insurgent comme par exemple ce groupe de passionnés qui depuis la fin des années 90 lutte pour la survie d'espèces comme le cheval d'Auvergne. Grâce à cette initiative privée, ce cheval rustique a été peu à peu réintroduit et on dénombre aujourd'hui 400 chevaux d'Auvergne contre 30 vingt ans plus tôt !
Pour compenser les difficultés liées au relief, certains agriculteurs ont fait le choix d'une agriculture de qualité et commencent à se tourner vers la filière biologique. Début 2013, on recensait 996 exploitations en bio, ce qui représente près de 3,5% de la production agricole. Cependant, la bio-dynamie reste marginale.

Les exploitants se tournent de plus en plus vers la vente directe. En effet, 45% des agriculteurs (toute catégorie) pratique la vente directe, que ce soit à la ferme, sur les marchés, ou encore en AMAP. L'AMAP Clermontoise en particulier, est très active dans le développement local et s'attache avec sa quarantaine d'adhérents, à proposer des produits de qualité directement achetés aux producteurs, en passant ainsi par un circuit court et solidaire.

Quelques chiffres clés…

1 359 402 habitants répartis sur 1 310 communes
26 013 km 2 de superficie
60% du territoire occupé par l'agriculture
Le tourisme représente 8% du PIB de la région
52 Habitants/km²

Source: INSEE